DISPONIBLE DEPUIS LE 19 JUIN 2020

La Pietà

C’est un cri. Une écorchure. Un désespoir porté par la lumière.

La Pietà cogne, hurle, revendique. Elle caresse, aussi. La Pietà parle aux tripes et aux cœurs, avec la rage du punk et la poésie du slam. C’est un trop plein d’émotions extrêmes ressenties durant une poignée d’années qui a transformé La Pietà pour toujours. « Si la rage est un moteur, alors j’risque d’aller loin », scande-t-elle sur « Jusqu’ici tout va bien ». Cette hargne, cette rugosité verbale n’est pas plus dirigée contre la société que vers elle-même. Elle est juste l’expression primale d’un cerveau qui refuse de tourner en rond dans sa cage. « La Moyenne », « Tapez », « Ma Guerre est Finie » ne sont ni des complaintes ni des errances poético-dégoulinantes : ce sont des pamphlets personnels, des claques que l’on donne aux autres autant qu’à soi-même, des textes d’une noirceur qui n’oublie jamais que renoncer à la lumière est la première des lâchetés.

La Pietà est une lutte, une statue de Michel-Ange version punk, un statut d’un réseau social qui lèverait son doigt le plus long en l’air à tous les consensus. La Pietà est brute mais jamais brusque, enragée mais toujours sensible, volcanique et parfois gracile. La Pietà est une griffure, prête à appliquer du baume à celui qui saura l’écouter en regardant à l’intérieur de soi. La Pietà rugit son punk-à-textes-electro-rap (celui qui leur colle l’étiquette musicale qu’il faut gagne son poids en paires de claques).

Depuis trois ans, La Pietà explose sur scène, aux quatre coins du pays. Ces moments live sont tendus, ombrageux, provocants, festifs, propices à la communion. C’est ce même paradoxe qui pulse comme une artère au cœur de La Pietà, que ce soit en électrique ou en piano voix, formule scénique qui donne encore plus de profondeur aux textes. Après trois EP rageurs en forme de chapitres où elle avançait masquée, autant sur scène que symboliquement, La Pietà sort à visage découvert La Moyenne, son premier album, en janvier 2020. La parution d’un roman suivra de près. Une fiction qu’on devine pourtant très personnelle, où sa plume vertigineuse peut s’exprimer en silence, comme pour offrir de nouveaux sous-titres aux arrangements musicaux d’Anthony Bellevrat et Vincent Choquet.

C’est un chuchotement. Un effleurement. Un espoir qui se fraie un chemin sur terrain miné.